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« La véritable alternance pour le pays, porteuse d’espoir et d’optimisme, c’est Emmanuel Macron »

03/04/2017

Samedi 1er avril, Marielle de Sarnez était l’invitée du « 20h politique » sur BFMTV. Au micro d’Aurélie Casse, elle est revenue sur le meeting d’Emmanuel Macron à Marseille et a salué un discours à la fois offensif et optimiste.

Emmanuel Macron a multiplié les attaques contre le FN et contre François Fillon, qu’il met presque sur la même ligne quand il dit par exemple « ils ont décidé de tourner le dos à la République pour embrasser Sens commun, poursuivant le FN ».

J’ai écouté son discours, et il faut dire, pour être tout à fait exact, que le Parti socialiste en a pris aussi pour son grade car il a attaqué en disant qu’au fond ils ne voulaient pas gouverner. Je crois qu’il a bien fait. C’est un discours très offensif. Moi je l’ai trouvé excellent ! Très bon meeting, ambiance très chaleureuse, et en même temps punchy et très optimiste, positif. Il a démontré pendant ce discours d’une heure que, oui, on pouvait changer les choses en France. Après on a des gens qui s’accrochent à ce qu’ils sont, à droite, à gauche. Cela fait 20 ans que cela dure, 20 ans que cela ne marche pas, que cela ne fonctionne à aucune élection. On a une fin de cycle et je trouve que c’est absolument formidable de pouvoir écrire cette page nouvelle. J’ai trouvé en même temps beaucoup d’espoir et d’optimisme.

On avait l’impression aussi qu’il était temps ?

Mais c’est bien, c’est la campagne ! Il y a des côtés un peu sportifs mais se faire donner des leçons par François Fillon, je trouve cela assez comique. Je trouve que François Fillon n’apprend pas grand chose de la vie à continuer à être donneur de leçons… Il y a quelque chose d’un peu décalé. Et puis avouons aussi que ça a énormément choqué les Français, enfin moi j’ai été énormément choquée, de voir François Fillon faire siffler, ou en tout cas laisser siffler, quelqu’un de son parti politique. Il y a un moment où ça se défait sérieusement.

Justement c’est l’image politique du jour. La rencontre aujourd’hui entre Emmanuel Macron et Christian Estrosi, président LR de la région PACA. Qui l’aurait cru il y a quelques mois ? Cela donne du grain à moudre pour ses opposants, comme Marine Le Pen qui reparle de l’UMPS. QU’est-ce que vous répondez à Marine Le Pen ?

Je réponds que Christian Estrosi est un républicain. Vous avez dit droite dure, oui, c’est un sarkozyste, mais maintenant que Fillon est là je ne sais pas comment on peut définir le dur. Tout cela évolue. En même temps c’est un républicain, quelqu’un qui a fait un rassemblement contre le Front National, qui a été élu contre le FN et avec les voix du centre. Il a une position républicaine. Qu’Emmanuel Macron, qui je l’espère est appelé aux plus hautes fonctions et responsabilités, soit en capacité de rencontrer un président de région, mais quoi de plus normal ? Mais dans quel monde vivons-nous où les hommes ou femmes politiques ne peuvent pas se rencontrer et se parler ? On n’est pas en guerre civile, on est en France et il serait temps que la vie politique française commence à devenir normale. Vous savez je suis parlementaire européenne et dans tous les pays européens c’est comme cela que cela se passe.

C’est une mise en scène cette rencontre. Cela tombe bien…

Mais pourquoi cela tombe bien ? Parce que Christian Estrosi a été sifflé la veille dans le meeting de François Fillon.

Mais la rencontre a été prévue à quel moment ?

Il faut que vous le demandiez à Emmanuel Macron. Je crois que cela s’est fait ce matin.

C’est aussi le signe que les sarkozystes ne sont pas aussi limpides que ça dans le soutien à François Fillon…

Nous sommes d’accord.

Une guerre interne au sein des Républicains.

Je suis entièrement d’accord. La vérité est que François Fillon est marginalisé dans sa famille politique, on le voit bien. Ce n’est presque plus une famille politique. C’est une famille politique qui a pendant des mois sifflé Alain Juppé à tous les meetings le soir et maintenant ils sifflent Christian Estrosi. Il y a quand même un vrai problème. Et cela tout simplement parce qu’il a dit tout haut sur François Fillon ce que tout le monde pensait tout bas.

Il n’a pas rejoint Emmanuel Macron…

Mais c’est bien ! Moi non plus, je suis d’un parti au centre et j’entends bien y rester ! Mais qu’est-ce que cela voudrait dire ce pays où l’on n’a pas le droit de travailler les uns avec les autres quand on peut trouver des formes de cohérence ?

Les adhérents En Marche se posent des questions, ils se demandent s’ils arrivent à trouver la cohérence du film de ces derniers jours entre plusieurs cadres de la droite qui vont rejoindre En Marche, cette photo avec Christian Estrosi aujourd’hui et Manuel Valls qui a appelé à voter Macron cette semaine. Ils sont déboussolés.

Certains d’entre eux. Ils ont tous des identités, des parcours différents, ce sont pas les mêmes, mais justement il faut qu’on sorte de ces affrontements. Avec François Bayrou nous le disons depuis très longtemps. En 2007 nous avons failli y arriver, mais nous n’y sommes pas arrivés parce qu’à l’époque le PS, comme le RPR, étaient très forts. Aujourd’hui on voit bien qu’ils sont quasiment en fin de course et qu’il y a eu des problèmes d’absence de clarification qui font qu’aujourd’hui on est dans le noyau dur du noyau dur de ces deux partis. Qu’est ce qu’a à voir aujourd’hui le parti de Monsieur Fillon avec le parti gaulliste qui était capable de rassembler. Moi j’ai envie que mon pays s’en sorte. Je pense que c’est l’élection de la dernière chance, je pense que c’est maintenant qu’il faut réussir, et maintenant qu’il faut réussir pour les Français.

Vous évoquez François Fillon, il était en meeting en Corse avec toujours Emmanuel Macron en ligne de mire, avec des attaques qui montent d’un cran. Il n’a cessé d’étriller une alternance molle, de comparer son mouvement à un vide grenier… et il se pose comme un « résistant face au système ». En ce qui concerne les réseaux sociaux, il y a une campagne qui est menée contre Emmanuel Macron, par les équipes de François Fillon, avec des messages assez violents.

Tout ça fait grandir la démocratie…

Ça vous surprend que les attaques de François Fillon soient dirigées uniquement contre vous et pas contre Marine Le Pen ?

Je trouve ça consternant, qu’un ancien Premier ministre qui aspire à devenir président, se comporte de cette façon là, demande à ses équipes de lancer des espèces d’anathèmes, de campagne dévoyée sur internet… Je trouve ça complètement régressif. Quand j’y réfléchis je me dis qu’ils ont tous peur qu’une nouvelle page s’écrive. Je dis heureusement, tant mieux ! Moi je fais vraiment partie de ces Français qui veulent que cela change, que l’on tourne la page. Il y a cette partie qui s’accroche à ce qu’ils sont. Evidemment ils ciblent tous Emmanuel Macron.

Il est temps que l’on rentre dans le siècle nouveau. Maintenant il y a deux choix devant nous, c’est simple. Soit on choisit l’avenir avec Emmanuel Macron, soit on choisit au fond d’être totalement régressif avec Marine Le Pen. Ca va être cela la question présidentielle. Les uns et les autres pourront s’agiter, il n’empêche que la seule question de fond, à mon sens, sera celle-là.

Au le prochain débat, il viendra dans quel état d’esprit Emmanuel Macron? Tout le monde cogne contre lui, il y a presque un front contre le candidat d’En Marche. Est-ce qu’il ne dira plus « je suis d’accord » comme il a pu le dire souvent ?

Je pense que si ça arrive, il le dira. Vous savez il faut dire les choses telles qu’elles sont. Si on est en accord, autant le dire. Après, il est tout à fait en forme et déterminé, déterminé à ce que cela change, déterminé à proposer la seule vraie alternance possible pour le pays. François Fillon ce qu’il veut, ce n’est pas une alternance, c’est une forme de restauration, c’est qu’on revienne à avant-hier quand il était là. Le seul changement possible cela passe par le vote d’Emmanuel Macron. Il sera devant les Français mardi soir, pas seulement avec les candidats qui l’entoureront, et je crois qu’on a trois semaines pour convaincre et notamment pour convaincre tous les Français qui aujourd’hui ne savent pas pour qui voter et cela me semble extrêmement important. Notons au passage que c’est le seul candidat qui fait campagne sur du positif, sur de l’optimisme, sur le fait qu’on peut y arriver et qu’on va enfin avec lui sortir des miasmes divers et variées. Je peux vous assurer que cela va vous faire du bien, cela va faire du bien aux Français et cela va faire du bien à l’image de la France.

Une dernière chose à laquelle on voulait vous faire réagir. Le tweet de Philippe Poutou qui annonce qu’il rejoint Emmanuel Macron « Parce qu’en soutenant Macron, je rejoins un vrai groupe de rebelles : Jacques Attali, François Bayrou, Manuel Valls ». Fin de la blague, poisson d’avril évidemment.

Moi je connais François Bayrou et je peux vous dire qu’il a un vrai côté rebelle, ce n’est pas celui qui aura pris le moins de risques dans la vie politique française.

 

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